La Guadeloupe

20 avril 2011 0 Par anne@25saul
La Guadeloupe

La Guadeloupe

Larbre_du_voyageur

« L’arbre du voyageur »
Ainsi nommé car il retient l’eau de pluie et permet ainsi au voyageur de se désaltérer.

 

[dropcap text_color= » » background_color= » »]L[/dropcap]e tour des cimetières de La Guadeloupe nous a menés des cimetières marins de Grande-Terre et de Basse-Terre -Anse Bertrand, Baie-Mahaut, Bouillante, Gosier, Port-Louis, Sainte-Anne, Saint-François-  au cimetière de la capitale Pointe-à-Pitre.

Constantes : tombes ornées de carrelage -noir et blanc ou de type salle de bain-, ou pour les plus pauvres délimitées par des coquillages. Ces coquillages -strombophones ou lambis- sont tantôt instruments de musique tantôt éléments culinaires. De multiples bougies, soit récentes soit datant de la Toussaint précédente, rougissent les tombes.

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Anse Bertrand, à l’extrême nord de Grande-Terre, fut le lieu de refuge des Indiens Caraïbes qui fuyaient les premiers colons. Peu à peu, leurs descendants cédèrent leurs terres aux colons venus y cultiver la canne à sucre et le coton. C’est ainsi qu’en 1790 on y comptait 12 cotonneries, 24 moulins à vent et 21 sucreries.

Port-Louis, au nord-ouest de Grande-Terre, fut d’abord appelée Pointe d’Antiques avant de porter le nom de Louis XIV. Rebaptisée sous la Révolution Port Libre, elle retrouve son nom actuel au XIXème siècle.

Morne-à-l’Eau, bourg au cœur de Grande-terre fondé en 1827, est connu, en Guadeloupe pour sa fête du crabe à Pâques -hélas nous y étions en janvier-, et internationalement pour son cimetière :
« À cette époque encore, beaucoup de morts étaient enterrés sur les plantations, et seuls les plus riches, les familles nobles, avaient les moyens de s’offrir une belle sépulture.  Même dans les cimetières, on ne mélangeait pas les maîtres et les esclaves. Aujourd’hui, toutes les couches de la société sont représentées, de la famille de planteurs békés au modeste agriculteur, en passant par une fondatrice du Parti communiste guadeloupéen ».
Le marbre ou le granit sont proscrits ; l’immense majorité des caveaux (au nombre de 1800) sont  essentiellement en carrelage de faïence noir et blanc, parfois en ciment.
Rituellement, quinze jours environ avant la Toussaint, commence un grand nettoyage. Les mauvaises herbes sont arrachées ; on repeint les tombes afin qu’elles soient belles pour la fête des morts. Le 1er novembre au soir, les familles se retrouvent pour se recueillir sur les tombes de leurs défunts dans une ambiance de fête. Vendeurs de bokits(1), de pistaches(2) et de sinoballs(3)  pullulent (comme au Mexique).
1 sandwiches guadeloupéens
2 cacahuètes
3 glaces au sirop

Pointe-à-Pitre, la capitale, est située à l’ouest de Grande-Terre, sur la mer des Caraïbes.
Ce nom proviendrait de « pointe à Peter », du nom d’un pêcheur hollandais, installé au 17ème  siècle sur une pointe faisant face à l’îlet à Cochon.
Le nom de la commune provient d’un anthroponyme. Un pêcheur, Peter, Hollandais exilé du Brésil, se serait installé au 17ème  siècle sur un bout de terre perdue en pleine végétation sur la pointe de la Grande-Terre. Démarrant par la vente de poissons, il aurait, selon certaines interprétations, développé son commerce. Alors que nombre de bateaux marchands et autres corsaires voguaient dans les eaux guadeloupéennes, Pitre aurait créé un négoce pour tous les navires de passage dans la rade. L’endroit serait vite devenu incontournable pour ces navires qui y trouvaient de quoi acheter ou échanger biens, vivres ou munitions. Tous les marins allaient chez Pitre à la pointe. Devenant ainsi la pointe à Pitre, la ville reçoit officiellement son nom en 1772.
Le cimetière, situé sur la colline calcaire, le « morne Miquel » (ancienne propriété Miquel), fut créé en 1807 suivant un plan rigoureux : voie principale pavée à l’ancienne, allées secondaires. L’art funéraire éclectique témoigne de l’évolution de la ville.
Les carrés portent en général un nom d’arbre, parfois le nom d’un quartier de la ville (Miquel), ou se réfèrent aux « hôtes » : carré Gendarmerie, carré des Anges (jeunes enfants), carré Spirituel (prêtres et religieuses), carré des Suicidés, carré des Mauvais Garçons, ou à des catastrophes naturelles, carré des Victimes du Choléra (1865), carré des Cyclonés (1928).

Gosier : son nom vient du pélican appelé, au 17ème siècle, grand-gosier du fait de l’importance de son bec et de sa poche. Ces oiseaux avaient pris l’habitude de venir manger des alevins et des petits crabes en bordure de la Grande Baie, juste avant l’entrée de la ville. C’est aussi le lieu d’arrivée, tous les quatre ans, de la fameuse Route du Rhum, ralliant Saint-Malo au Gosier.

Le port de Sainte-Anne
était le siège de l’Amirauté au 17ème siècle. Il permettait aussi l’embarquement du sucre et du rhum. Au début du 20ème siècle, la commune comptait encore 34 sucreries.
Les plages de sable blanc sont protégées par une barrière de corail où miroite une eau claire se dégradant du bleu au vert. Lagons et cocotiers sont les symboles de ce village qui fut détruit en quasi-totalité lors du passage du cyclone Hugo.

Baie-Mahault fait office de porte d’entrée pour l’île de Basse-Terre lorsqu’on vient de la Grande-Terre. Sur son territoire se trouve la zone industrielle de Jarry Houelbourg qui est le cœur économique de la Guadeloupe.
Le « mahault » : arbre fréquent dans  cette région, de la même famille que le palétuvier.

Bouillante, au sud de Basse-Terre, l’un des plus anciens bourgs de la Guadeloupe, fut  baptisé « îlet-aux-Goyaves » lors de sa fondation au XVIIème siècle.
Son nom actuel provient des nombreuses sources d’eau chaude (80° environ) qui jaillissent un peu partout dans les environs, y compris sous la mer.

Nous visiterons tout d’abord les cimetières des terres, Morne-à-l’eau et Pointe-à-Pitre, puis des cimetières marins.